MON EXPATRIATION AUX USA

Bonjour à tous les Insulibiens

Je m’appelle Gaëlle, j’ai 44 ans et je suis diabétique de type 1 depuis 36 ans, et fière de l’être.

Je suis diabétique depuis mes 8 ans et depuis l’enfance, je me suis toujours dit que le diabète ne m’empêcherait en rien. C’est notamment pour cette raison que je suis fière d’être diabétique : le diabète m’a toujours permis de me dépasser.

Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, telle est ma devise
et cela en partie grâce à l’éducation que j’ai reçue.

Mais on ne va pas se mentir, j’ai — comme j’imagine vous tous — eu des moments difficiles avec mon diabète, où j’ai eu envie de le prendre et de lui tordre le cou (hypos, fatigue, impression d’être dépendante des autres en cas d’hypo sévère…).

Il y a 4 ans, mon mari m’a annoncé qu’on lui avait proposé un travail sur la côte Est des États-Unis. Je n’étais pas folle de joie : de caractère plutôt indépendant, je ne pouvais plus travailler comme sage-femme (problème d’équivalence), et j’étais très stressée par toutes les idées reçues sur la gestion et le prix du diabète aux USA.

Après avoir longuement réfléchi à l’opportunité professionnelle pour mon mari, à la chance pour mes enfants (10 et 11 ans à l’époque) de vivre une expatriation américaine, et inconsciemment aussi grâce à mon diabète (ce n’est pas lui qui m’empêchera d’aller vivre aux USA…) , je me suis retrouvée, un après-midi, à dire à mon mari que j’étais d’accord pour cette expatriation.

À partir de ce moment, j’ai réfléchi et anticipé la façon dont pourrait se passer une expatriation aux USA avec un diabète, sans avoir un rein à vendre pour payer mon traitement !

Sur différents sites d’expatriés, tout le monde disait qu’il n’y avait pas de problème pour vivre aux USA avec un diabète, mais que cela coûtait très cher. Un vrai sujet à anticiper pour nous.

La compagnie de mon mari proposait une bonne mutuelle santé pour toute la famille, mais impossible de savoir précisément, avant notre départ, ce qu’elle remboursait exactement ;
comme vous pouvez l’imaginer, il n’y a pas d’ALD aux États-Unis !.
Au final, mon mari a pris toutes les options santé au maximum.

Pour vous donner un ordre d’idée des coûts à l’époque : pour une boîte de 5 stylos de Novorapid il nous restait un reste à payer de 35 dollars par boîte (j’avais besoin d’au minimum 2 à 3 boîtes par mois), et pour les capteurs FreeStyle, le reste à charge etait de 75 euros par mois.

Pour comparaison, un flacon d’insuline Humalog coûtait environ 274,70 dollars aux États-Unis contre 17,59 euros en France, et une boîte de 5 stylos d’insuline rapide coûtait environ 530,40 dollars aux États-Unis contre 34,63 euros en France (prix constatés au moment de notre départ ; ils ont depuis évolué aux USA avec la mise en place de plafonnements).

On comprend rapidement pourquoi des milliers d’Américains, faute d’assurance, ne peuvent pas se soigner correctement. On voit régulièrement, au bord de la route, des pancartes de personnes qui cherchent à acheter cash des bandelettes glycémiques ou de l’insuline, moins cher que ce que les patients paieraient en pharmacie.

Avant de partir, j’avais opté pour la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), l’équivalent de la CPAM pour les expatriés. Cela coûte 100 euros par mois et permet de conserver mon ALD 100 % en France. Il est important de vérifier au préalable, auprès des pharmacies et des prestataires de pompe à insuline, qu’ils acceptent de travailler avec la CFE.

Ma pharmacie d’Alsace n’était pas d’accord pour travailler avec eux, à cause d’anciens soucis d’impayés. Sans me décourager, et avec l’aide de ma mère, j’en ai démarché d’autres, et j’ai trouvé une gentille pharmacienne dont le fils est diabétique (on ne va pas se mentir, la solidarité entre diabétiques m’a beaucoup aidée), qui a accepté la prise en charge CFE. Elle m’a délivré le traitement pour 6 mois (mon mari ayant étudié toute la réglementation : la douane américaine ne permet d’apporter qu’entre 3 et 6 mois de traitement), et mes parents m’ont ramené le reste lors de leur visite.

Dernière étape : valider la CFE avec le prestataire de pompe à insuline Orkyn, avec l’aide de ma super infirmière Delphine, tout a été validé, ainsi que le prêt d’une seconde pompe à insuline. Puis validation de l’ensemble des points par le Dr Wagner ma diabétologue de l’hôpital de Colmar, qui a soutenu notre projet dès le début et qui se tenait disponible pour des visios régulières en cas de besoin.

Un mois après toutes ces démarches, nous voilà prêts à partir en famille pour Norfolk, pour 3 ans, avec une valise en soute et une valise cabine pleines de capteurs FreeStyle, d’insuline et de matériel de pompe.

En résumé, quelques conseils pour réussir une expatriation avec un diabète de type 1 :

** Avoir une bonne mutuelle santé rattachée à l’entreprise.

** Prendre la CFE (Caisse des Français de l’Étranger), qui permet de conserver son ALD en France, pour 100 euros par mois mais également avoir une mutuelle santé américaine pour le suivi médical classique (consultation chez le médecin généraliste, vaccin )et les urgences ( infection urinaire, fracture…)

** Avoir une équipe soignante et une famille qui soutiennent votre projet.

Concernant la gestion du diabète au quotidien, pas d’énorme différence par rapport à la France .

C’est surtout la prise en charge et le système de santé qui diffèrent.

Mon diabète a été difficile à équilibrer les deux premiers mois, car je n’avais pas conscience des sucres cachés !
Aux États-Unis, on trouve du sucre dans le jambon blanc, et deux fois plus de sucre dans les sauces tomate américaines que dans les françaises.
Je suis sincèrement reconnaissante au Dr Fimbel, une de mes premières diabétologues lyonnaises, de m’avoir permis d’apprendre l’insulinothérapie fonctionnelle : c’est elle qui m’a donné les clés pour m’adapter où que je sois.

J’ai rapidement pris rendez-vous avec un endocrinologue américain (3 mois d’attente) pour avoir des ordonnances américaines, au cas où.

 

Ne laissez pas votre diabète dicter votre vie !

Avec les bonnes informations, les bons contacts et un peu d’anticipation, on arrive à réaliser les projets qu’on a vraiment envie de vivre — une expatriation, un voyage, un nouveau travail — même à des milliers de kilomètres de son diabétologue habituel.

Insulibement vôtre
Gaëlle
Le 30/07/2026

 

Si vous avez un projet d’expatriation ou la moindre question,
n’hésitez pas à me contacter
par mail gaelleromier@gmail.com

Pour rappel aux USA 

 * un flacon d’insuline Humalog coûtait environ 274,70 dollars aux États-Unis contre 17,59 euros en France

 * une boîte de 5 stylos d’insuline rapide coûtait environ 530,40 dollars aux États-Unis contre 34,63 euros en France

 Prix constatés au moment de notre départ .
 Il
s ont depuis évolué aux USA avec la mise en   place de plafonnements !