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. L’insulinothérapie fonctionnelle dite I. F.

12/06/2013

En octobre 2010, j’ai eu la chance de suivre, aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, durant cinq jours d’hospitalisation, une formation sur l’insulinothérapie fonctionnelle, dite I. F. .

Qu’est-ce que l’I.F. ?

C’est une façon d’adapter son dosage insulinique, en fonction de :
- la glycémie du moment,
- la quantité d’hydrates de carbone que l’on va manger et
- de la dépense physique programmée jusqu’au repas suivant.

La formation de l’I.F. a été orchestrée par une équipe de personnes du monde médical et para-médical ; il y avait médecins, infirmières et une diététicienne.

La première journée était consacrée à la présentation des participants du groupe de cette session. L’équipe médicale nous a présenté le programme des quatre jours à venir. Le groupe de patients était composé de diabétiques insulino-dépendants, traités par stylos à insuline ou par pompe.

La deuxième journée a été une journée de jeûne pour tous les diabétiques présents. L’intérêt de ces vingt-quatre heures de jeûne était de savoir :

- si les débits de base et leurs tranches horaires pour les porteurs de pompe,
- ou sinon les doses d’insuline lente

étaient bien adaptés.

En cas de problème, les médecins ont remédié au cas par cas.

A partir de la troisième journée et ce, jusqu’à la cinquième journée, tous les repas, c’est-à-dire, petits déjeuners, déjeuners et dîners étaient pris en commun et présentés sous forme de self-service.

Des séances d’éducation alimentaire ont été animées par une diététicienne.

Elle a commencé par une remise à jour de nos connaissances sur l’équilibre alimentaire, suivie par l’apprentissage de la quantité glucidique contenue dans les différents aliments.
- Nous avons calculé la quantité d’hydrates de carbone contenue dans des recettes culinaires.

- Nous avons également appris à estimer, à vue d’œil, le poids d’une quantité de féculents (pâtes, pommes de terre, riz, semoule, légumes secs).

Par exemple, combien de pommes de terre peut-on mettre dans l’assiette, pour 150 grammes de féculents ?

On a aussi abordé le sujet des repas de fêtes (baptêmes, mariages, communions, fêtes de fin d’année, de Pâques).

Comment gérer l’apport glucidique lors de repas plus copieux ?
Comment estimer la dose d’insuline lors de repas prolongés où l’apéritif peut démarrer à 11h30 et le dessert être servi après 16h ?

Le chapitre suivant était consacré à l’alimentation « plaisir ».
Pour tous les diabétiques qui se sentent frustrés, l’équipe médicale nous a expliqué que, dans la vie, on peut manger de tout, aliments salés ou sucrés, faire des extras MAIS savoir gérer la situation par les équivalences alimentaires et le surplus d’insuline à injecter.

Une fois n’est pas coutume et tout le monde a le droit de se faire plaisir et de vivre quasi-normalement, sans néanmoins oublier l’équilibre alimentaire global.

Sans fêtes particulières, aller de temps en temps au restaurant est une sortie appréciable ; qu’il s’agisse de consommer pizzas, tartes flambées ou autres repas différents de ceux consommés à la maison, est un réel plaisir.
Un repas agrémenté à la fin d’un café alsacien est très bon au palais, mais pas sur ses hanches !

Lors des trois dernières journées d’hospitalisation, chaque patient dresse son plateau.
Pour le petit-déjeuner, tout est disponible : pains, brioches à thé, brioches, croissants nature, jambon, fromages, fruits etc…etc…
Chacun peut se servir à volonté. Médecins, diététicienne et infirmières sont présents pour nous aider à calculer le nombre d’hydrates de carbone, dans les aliments posés sur notre plateau et la quantité d’insuline à s’injecter.

A midi et aux repas du soir, il y avait toutes sortes d’aliments ; chacun se servait, avec l’assistance de personnes qualifiées pour le calcul du dosage insulinique.

Bien sûr, les médecins présents à cette formation ont calculé, pour chaque personne diabétique, les paramètres,

- pour l’insuline de correction, en cas d’hyperglycémie :
1 unité d’insuline abaisse la glycémie de combien de grammes par litre

- pour l’hypoglycémie, le resucrage :
15 grammes de glucides (soit trois sucres) augmentent la glycémie de combien de grammes par litre

- pour l’insuline prandiale (avant chaque repas) :
au petit-déjeuner, au repas de midi et du soir, combien d’unités d’insuline à injecter pour 10 grammes de glucides

Le jeudi soir, nous avions « repas libre ».
Soit nous allions au restaurant, soit, ceux qui le préféraient, rentraient chez soi.
Bien sûr, nous sommes tous allés au restaurant, sans l’accompagnement de l’équipe médicale, ni de la diététicienne. A nous seuls de gérer la situation.
Seule doléance : rentrer au service hospitalier avant 23 h et en bon état !

Nous avons tous passés une soirée récréative agréable et enrichissante où il n’y a eu aucun abus, ni en alcool ni en alimentation. Nous avions clôturé le repas par un dessert et un café.
Tout le monde a su gérer la situation, sans aucune encombre.

Le vendredi : dernière demi-journée de stage puisque la formation s’achevait après le repas de midi.
Nous avons parlé de notre soirée au restaurant.
Le dernier sujet concernait l’alcool.

Après le repas quelques personnes sont restées pour discuter un peu et nous nous sommes séparés, chacun rentrant à son domicile privé.

Personnellement, j’ai gardé un bon souvenir de cette semaine. A ce jour, je continue à pratiquer l’insulinothérapie fonctionnelle, tous les jours.
Ceci m’a permis d’affiner mes dosages et de faire nettement moins d’hypoglycémies, ma qualité de vie est un peu supérieure à ce qu’elle était avant.

Si je dis « un peu supérieure à ce qu’elle était avant » cela s’explique par le fait que je suis diabétique, de type 1, depuis 54 ans. Mon diabète a été reconnu être un diabète, le 17 mai 1957. Mon éducation a été faite par le biais de mes Parents, de l’ A. J. D. (aide aux jeunes diabétiques) et confortée par mon diabétologue qui m’a guidée et soutenue pendant 27 ans.

Avec les années et l’expérience que j’ai acquise, je pratiquais déjà l’insulinothérapie fonctionnelle, sans le savoir.
Comme je l’ai dit plus haut, cette formation m’a permis d’affiner mes dosages d’insuline.

Je conclurai ce témoignage sur l’insulinothérapie fonctionnelle en disant qu’avec 54 ans de diabète, traité à l’insuline, je vis normalement, comme tout en chacun.
Je suis mariée et mon mari me supporte depuis 34 ans. Nous avons eu deux filles, en bonne santé et nous sommes grands-parents d’Anaïs, âgée de 6 ans et demi et de Nathaniel de 8 mois. Et la vie continue…

Si l’on a appris comment gérer des excès alimentaires, il est certain que de manger équilibré est important. La règle d’or, pour tout le monde est : Manger moins, manger mieux, bouger plus.

Dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, une association a vu le jour, en 2009 : « INSULIB ».
Cette association, essentiellement basée sur l’I.F., organise des réunions d’informations, des groupe de paroles et des sorties récréatives. Elles nous permettent de retrouver des membres de notre groupe ainsi que d’autres participants. Nous passons des moments très conviviaux.