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. La recherche sur le diabète renforcée à l’université

15/03/2013

Article paru dans l’Actu - Journal électronique interne de l’université de Strasbourg
N°71- édition du 8 mars 2013

http://lactu.unistra.fr

Depuis le 1er janvier 2013, l’Université de Strasbourg et le Centre européen d’étude du diabète sont associés pour former la première unité mixte de recherche publique/privée, baptisée Diabète et thérapie cellulaire (Diathec - EA 7294). Une manière de mutualiser les compétences et les ressources et ainsi de renforcer la recherche sur le diabète à Strasbourg.

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Créé en 1991 par le professeur Pinget, le Centre européen d’étude du diabète (CeeD) a pour objectif de répondre aux besoins et questionnements des patients et des soignants, et de leur apporter des solutions thérapeutiques efficaces et innovantes.
Depuis toujours, les chercheurs du CeeD travaillent sur des projets de recherche translationnelle, avec des médecins ou des chercheurs de laboratoires de recherche académiques strasbourgeois. Ce nouveau label est donc l’aboutissement logique de ces nombreuses interactions scientifiques et permet de leur donner un cadre légal.
« La création de cette unité mixte est pour le CeeD une véritable reconnaissance de la qualité du travail de recherche mené au sein du laboratoire et de son potentiel de valorisation », s’enthousiasme Séverine Sigrist, directrice du laboratoire. « Grâce à ce nouveau statut, le laboratoire pourra bénéficier du rayonnement de l’université et espère ainsi renforcer son attractivité et attirer de nouvelles compétences, en particulier des enseignants-chercheurs ».

Prévenir l’apparition du diabète et de ses complications par l’alimentation

De son côté, l’université pourra bénéficier des retombées de la recherche de qualité sur le diabète menée au sein du CeeD. « Au laboratoire, nous travaillons principalement sur trois thématiques qui répondent historiquement aux objectifs du CeeD : prévenir, traiter et soigner le diabète », mentionne Séverine Sigrist.
L’un des axes de recherche les plus récents est celui de la nutraceutique, c’est-à-dire prévenir l’apparition du diabète et de ses complications par l’alimentation. L’idée est de sélectionner des aliments ou des composés bioactifs pour leurs propriétés antioxydantes et d’élaborer des stratégies nutritionnelles préventives ou accompagnant les traitements proposés aux diabétiques.
Dans le domaine du traitement, les chercheurs travaillent essentiellement à la vectorisation de médicaments. Il s’agit de coupler une molécule d’intérêt comme l’insuline à un véhicule qui va la protéger du milieu intérieur de l’organisme le temps du transport jusqu’à sa cible. L’objectif à terme est de permettre une administration orale de l’insuline.

Une alternative thérapeutique à l’insulinothérapie

En collaboration avec l’Institut Charles-Sadron, le laboratoire a mis au point une technique originale de double encapsulation. Des nanoparticules renfermant l’insuline sont elles-mêmes englobées dans une gélule. « Aujourd’hui, nous testons la production de ces nanoparticules dans de plus grands volumes, en partenariat avec un industriel afin de définir les conditions de production permettant de conserver à la fois les propriétés physico-chimiques et biologiques de ces capsules », explique la chercheuse.
Enfin, dans l’optique de guérir les diabétiques, cliniciens et chercheurs se focalisent sur les techniques de transplantation d’îlots pancréatiques. Cette greffe de cellules du pancréas au niveau du foie des patients diabétiques est une alternative thérapeutique à l’insulinothérapie. Cependant son utilisation est limitée notamment par les problèmes de rejets et de vascularisation des îlots. « Nous travaillons à la fois sur l’optimisation des techniques d’isolements d’îlots, de cultures cellulaires et de transplantation », conclut Séverine Sigrist.

Dans votre expérience/projet/parcours, qu’est-ce que cela a changé d’être une femme ?

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Dr Sigrist

Fin décembre 2012, Séverine Sigrist a été élue « femme d’innovation » au palmarès des femmes en or : une belle preuve que l’on peut être une femme et faire une brillante carrière de chercheuse. Toutefois, selon Séverine, « il est plus difficile pour une femme de faire carrière dans la recherche. Il faut concilier vie professionnelle et vie familiale et puis j’ai le sentiment que les femmes ont toujours plus de choses à prouver que les hommes pour avoir la reconnaissance de leurs pairs. Selon moi, dans son travail, une femme a une capacité d’engagement plus poussée, elle se fixe des objectifs à atteindre et va au bout de ses ambitions de façon saine malgré les contraintes auxquelles elle est souvent confrontée !  »


Auteur de l’article : Anne-Isabelle Bischoff